Des cafetiers contestent l’interdiction des terrasses chauffĂ©es
Il n’est plus autorisĂ© d’allumer des chauffages sur les terrasses en extĂ©rieur en France depuis le 31 mars 2022. Pour ceux qui ne respectent pas, l’amende est de 1.500 euros. Certains prĂ©fèrent quand mĂŞme payer la contravention que de perdre de la clientèle.
Un coca frais, une rondelle de citron, avec un air chaud: il est très agrĂ©able de profiter en terrasse le soir en Ă©tĂ©, mais en hiver, c’est un peu plus compliquĂ©. Avant, les responsables de restaurants et de bars pouvaient compter sur des chauffages d’appoint mais est-ce encore vraiment responsable de chauffer l’air extĂ©rieur? En tout cas, ces derniers ont Ă©tĂ© interdits.
Pourtant, certains cafetiers dĂ©cident de les allumer, quitte Ă payer l’amende. « Pour l’instant, je n’ai pas Ă©tĂ© contrĂ´lĂ© mais si je ne les mets pas, je n’ai personne Ă ma terrasse. Depuis le covid, les gens ont pris l’habitude de dĂ©serter les bars. On a l’impression de jouer Ă Koh Lanta, on a toujours des bâtons dans les roues et on nous empĂŞche de travailler », explique StĂ©phane, responsable d’une brasserie.
Son problème, comme de nombreux restaurateurs, c’est qu’il a investi de grosses sommes dans des chauffages, quelques annĂ©es avant le passage de la loi. Pour lui, cela reprĂ©sente 20.000 euros.
4000 Ă 5.000 euros d’investissements par Ă©tablissement
« Si on veut que j’arrête de chauffer, qu’on me donne des subventions. Si on me donne 20.000 euros, pendant trois mois je ne les allume pas« , ajoute-t-il.
En moyenne, « ils ont dépensé entre 4.000 et 5.000 euros par établissement », affirme Marcel Benezet, président de la branche des cafés, bars et brasseries au Groupement national des indépendants hôtellerie-restauration (GNI), sur RMC, ce mardi.
Pour autant, ce non-respect de la loi serait loin d’ĂŞtre majoritaire. « Dans l’ensemble, c’est respecté », note Marcel Benezet.
Des dĂ©rogations Ă©taient possibles, en fonction des choix des mairies. Il semblerait qu’Ă Paris, il y en ait peu. « On a envoyĂ© un courrier Ă la mairie de Paris, sans rĂ©ponse. Aujourd’hui, on nous ignore. Les gens veulent vivre Ă l’extĂ©rieur, c’est la façon de vivre Ă la française. BientĂ´t on va nous interdire les bougies sur nos terrasses », dĂ©nonce-t-il. En termes de finance, ces terrasses vides « reprĂ©sentent 30% du chiffre d’affaires en moins ».
+400 % sur les factures d’Ă©nergie
Pour autant, avec l’augmentation des prix de l’Ă©nergie, certains restaurateurs pourraient Ă©teindre ces chauffages d’eux-mĂŞmes. « Sans parler des sanctions administratives, c’est suicidaire mĂŞme Ă©conomiquement. DĂ©but novembre j’ai reçu mes factures: 400 % d’augmentation. Les trois-quarts de ma marge ont disparu sur le mois de novembre », affirme, de son cĂ´tĂ©, Pascal Mousset, reprĂ©sentant du GNI Ă Paris.
A Paris, il va faloir vite démonter
Les patrons exploitant une terrasse dans la capitale ont été mis en garde : outre l’amende s’ils continuent à chauffer l’extérieur, ceux qui n’auront pas démonté leurs appareils au 1er janvier 2023 devront payer une indemnité d’occupation irrégulière du domaine public
Source: RMC BFMTV