La prévention des risques professionnels dans les restaurants

La prévention des risques professionnels dans les restaurants

La restauration est un vaste secteur économique dans un pays touristique comme la France, et connaît un fort développement à la mesure des nouveaux styles ou contraintes de vie qui augmentent la fréquence des repas pris hors domicile : le nombre des personnes qui sont employées dans les restaurants s’est accru, de même que les potentialités de risques d’accidents du travail, en particulier pour des salariés souvent à contrat précaire, jeunes, peu formés et peu expérimentés.

Les travailleurs qui effectuent des activitĂ©s dans les cuisines (cuisiniers, commis de cuisine) ou en salle (serveurs, barmen) sont exposĂ©s Ă  des risques physiques (chutes, troubles musculo-squelettiques, coupures, brĂ»lures), chimiques (dĂ©tergents, dĂ©sinfectants,….), biologiques (allergies cutanĂ©es et respiratoires) et psychologiques (horaires atypiques, pressions de la clientèle).

Des mesures de prévention collective et individuelle sont ainsi indispensables pour permettre de réduire fortement la fréquence et la gravité des accidents du travail dans les restaurants.

Les principaux risques professionnels dans les restaurants

Il y a deux grands types de métiers, selon qu’il s’agisse de travail dans la cuisine ou en salle, parfois confondus dans le cas de l’employé polyvalent en restauration rapide.

– Le travail en cuisine concerne les cuisiniers et les commis de cuisine (« plongeurs ») qui assurent la prĂ©paration des repas et le nettoyage des postes de travail, de la vaisselle et des ustensiles de cuisine.
– Le travail en salle concerne les serveurs, les barmen, garçons de cafĂ© et sommeliers, qui assurent le service des repas et des boissons Ă  table, au buffet ou au comptoir.

Les principaux risques professionnels dans les cuisines des restaurants

Les cuisiniers sont confrontĂ©s Ă  des risques liĂ©s au process de fabrication des repas (fours, tables de cuisson, chambres froides, outils tranchants, fumĂ©es de cuisson, sols glissants …). L’utilisation d’objets coupants, de produits très chauds, de prĂ©parations surgelĂ©es ou encore de produits chimiques pour certaines tâches comme la plonge, l’entretien des locaux Ă  dĂ©chets, des poubelles, ou encore des hottes et des conduits, provoquent des dangers de toute sorte. Les conditions de travail en cuisine sont propices aux chutes de plain-pied : sols souvent humides ou rendus glissant Ă  la suite de salissures de denrĂ©es alimentaires, du renversement de liquides, d’huile. Le fonctionnement mĂŞme des matĂ©riels de cuisson, s’accompagne inĂ©vitablement d’un cortège de vapeurs d’eau, de fumĂ©es grasses, d’odeurs plus ou moins tenaces et de dĂ©gagements calorifiques qui se rĂ©pandent dans la cuisine elle-mĂŞme et bien souvent, au-delĂ , dans les autres pièces.

– Les chutes de plain-pied
La chute de plain-pied lors de la circulation dans les locaux (glissades sur les sols mouillĂ©s ou inĂ©gaux, encombrĂ©s, mal Ă©clairĂ©s, ou avec des carrelages dĂ©fectueux, dans les escaliers menant aux caves …, heurts avec des objets ou des rebords et angles de meubles dans des locaux exigus) sont frĂ©quentes, avec des consĂ©quences lĂ©sionnelles cutanĂ©es et/ou ostĂ©o-articulaires : la foulure, l’entorse, les contusions, les plaies cutanĂ©es, la fracture sont les lĂ©sions les plus courantes.

Des chutes d’objets stockĂ©s en hauteur sur des racks ou des Ă©tagères, ou effondrements de palettes ou caisses mal empilĂ©es, des chutes depuis des moyens d’accès en hauteur improvisĂ©s (chaise, ..), gĂ©nèrent des fractures, traumatismes crâniens, Ă©crasements des membres…

– Les coupures
Les risques de coupures avec les couteaux et autres instruments Ă  main ou Ă©lectromĂ©caniques tranchants (trancheur Ă  viande, hachoir, malaxeur, Ă©plucheuse Ă  lĂ©gumes …) sont omniprĂ©sents, avec surinfection frĂ©quente. Ces coupures peuvent survenir en utilisant, en nettoyant ou par contact avec un objet tranchant mal rangĂ©.
Certaines parties des machines, les opĂ©rations de nettoyage et de maintenance, les rĂ©glages, les dĂ©marrages sont sources d’accidents du fait des pièces en mouvement : en particulier lors des mises en marche intempestives, des arrĂŞts anormaux suite Ă  un bourrage ou Ă  une rupture d’énergie : coupures aux mains, lacĂ©rations des avant-bras ou Ă©crasements lors des nettoyages par exemple, ou lors des dĂ©placements des Ă©lĂ©ments mobiles des machines, frictions, coincements…

– Les brĂ»lures
Les cuisiniers sont exposĂ©s aux risques thermiques liĂ©s Ă  l’utilisation de produits chauds et de sources de chaleur (cuisinières, fours, friteuses, rĂ´tissoires …) : brĂ»lures soit par vapeur (eau bouillante, …), soit par projection (huile, eau, sauce …), soit par contact (anse, ustensile, plat, porte de l’appareil …).

– Les risques des postures et manutentions
Les cuisiniers figurent parmi les mĂ©tiers concernĂ©s par les troubles musculo-squelettiques (TMS), c’est-Ă -dire les affections pĂ©ri-articulaires provoquant des douleurs des poignets (syndrome du canal carpien), des coudes (Ă©picondylite, Ă©pitrochlĂ©ite), des Ă©paules (tendinites des bras tendus) et des lĂ©sions chroniques de la colonne vertĂ©brale (cervicalgies, lombalgies).
Les manutentions manuelles et les dĂ©placements de charges sont en effet nombreux : port de marmites, plats, poĂŞles pleines, piles d’assiettes, casiers Ă  bouteilles, chargement et dĂ©chargement des fours et lave-vaisselle …
De mĂŞme, les manipulations rĂ©pĂ©titives effectuĂ©es Ă  un rythme soutenu dans la prĂ©paration des plats et pâtisseries, des postures contraignantes (station debout prolongĂ©e avec piĂ©tinements, position penchĂ©e en avant frĂ©quente avec bras tendus, flexions, torsions …) sont sources de pathologies musculo-tendineuses des membres supĂ©rieurs.
Le vieillissement progressif des structures ostĂ©oarticulaires peut aboutir Ă  une inaptitude professionnelle, ce qui, de par leur frĂ©quence et leur impact, tant mĂ©dical que socioprofessionnel, constitue un problème de santĂ© au travail pour les cuisiniers : le risque total dĂ©pend de tous les facteurs (vibrations des outils Ă©lectromĂ©caniques comme les batteurs, Ă©longations, torsions…) en instantanĂ©, mais aussi de la totalitĂ© des effets reçue au cours de la journĂ©e de travail et de la vie professionnelle.

– Les produits chimiques
Il y a risque d’agression chimique par contact avec des produits de nettoyage et de dĂ©sinfection des locaux et surfaces de travail, chambres froides … Toutes les opĂ©rations d’entretien et de nettoyage font appel, pour dĂ©barrasser des surfaces inertes (sols, murs, plans de travail, …) de toutes souillures visibles et inactiver ou tuer les micro-organismes prĂ©sents, Ă  des agents dĂ©tergents, dĂ©tartrants et dĂ©sinfectants qui utilisent souvent des produits chimiques très agressifs susceptibles de provoquer des intoxications par inhalation ou absorption et des brĂ»lures cutanĂ©es ou oculaires, ou des sensibilisations allergiques (eczĂ©ma, asthme…).
Ces pathologies irritatives et/ou allergiques atteignent la peau (dermites, eczéma) et les muqueuses bronchiques (asthme). Par ailleurs, les fumées et vapeurs de cuisson émises lors des préparations alimentaires, sont chaudes et grasses, avec des odeurs plus ou moins tenaces, et peuvent non seulement s’avérer incommodantes mais surtout toxiques et irritantes pour les voies respiratoires : les gaz, vapeurs et fumées produites par la carbonisation des graisses animales déposées sur les appareils de cuisson, contiennent du benzopyrène, classé cancérogène probable par le CIRC.

– Les risques biologiques
La manipulation constante des denrĂ©es alimentaires peut entrainer des troubles cutanĂ©s : dermites d’irritation, dermatites allergiques de contact aux protĂ©ines animales (viande, foie, poissons, crustacĂ©s ou coquillages) et vĂ©gĂ©tales (lĂ©gumes, fruits, Ă©pices) ou aux enzymes et additifs alimentaires (amylase, acide benzoĂŻque …).
On note aussi l’apparition plus fréquente de verrues dans les paumes des mains et sur les doigts, de mycoses cutanées et unguéales (périonyxis et onyxis), en particulier dans la manipulation et l’emploi des fruits et jus sucrés et de leurs résidus ou dans les travaux de plonge (reconnus en maladie professionnelle n° 77 du tableau du Régime Général de la Sécurité Sociale).
La frĂ©quence des infections secondaires de blessures cutanĂ©es par des germes pathogènes contenus par exemple dans les dĂ©chets, les viscères, les eaux de nettoyage… est Ă©levĂ©e (panaris des doigts …).
On peut noter aussi une contamination transcutanée par contact direct des muqueuses oculaires en cas de projections accidentelles ou manuportée par frottement des yeux.

Les principaux risques professionnels dans les salles des restaurants

Les dĂ©placements incessants pour servir la clientèle et dĂ©barrasser les tables avec des plats, des assiettes, des bouteilles, des plateaux de verres, dans une exigence de rapiditĂ© de service, exposent les serveurs Ă  des risques de chutes et de coupures par bris de verre ou de vaisselle, de brulures avec des plats chauds ou des marmites bouillantes. Ce risque est aggravĂ© par la prĂ©sence de plusieurs niveaux, par l’exiguĂŻtĂ© entre les tables, par la forte frĂ©quentation (imprĂ©vus liĂ©s aux obstacles comme les sacs, bagages, animaux, jeux d’enfants …).
Une forte sollicitation des bras tendus sont à l’origine de fréquentes tendinites des épaules. Le travail debout en permanence, le piétinement peuvent être la cause de pathologies circulatoires de type veineux (jambes lourdes, varices, œdème des membres inférieurs), de podalgies et de douleurs rachidiennes.

Les risques psychosociaux dans les restaurants

La charge mentale de l’emploi (horaires importants et irréguliers, travail de nuit, le week-end et les jours féries, exigences de rapidité et de qualité de service, contacts avec la clientèle, sollicitation constante de la mémoire pour les commandes), due aux pointes d’activité, aux exigences des clients et des employeurs, est source de pathologies psychosomatiques.
Le travail sous pression lors du « coup de feu » des heures de repas, des demandes conflictuelles, urgentes de clients pressĂ©s ou insatisfaits voire violents (gestes ou propos dĂ©placĂ©s), gĂ©nèrent des consĂ©quences Ă©motionnelles pouvant s’avĂ©rer difficiles Ă  supporter psychologiquement et, Ă  la longue, induisent un stress permanent sur le lieu de travail qui peut provoquer des altĂ©rations psychologiques, des symptĂ´mes d’anxiĂ©tĂ©, des symptĂ´mes dĂ©pressifs pouvant mener Ă  une dĂ©pendance vis Ă  vis de l’alcool ou de tranquillisants, Ă  des troubles somatiques (digestifs, cardio-vasculaires) …
Les travailleurs saisonniers en restauration, en majorité des étudiants ou des demandeurs d’emplois ayant aucune ou peu d’expérience professionnelle, sont les plus vulnérables.

Autres risques dans les restaurants

Les risques d’incendie sont importants en raison de l’utilisation de fours, de cuisinières avec des brĂ»leurs Ă  gaz, de la prĂ©sence de nombreux produits inflammables (huiles des friteuses …).
Les fuites de gaz carbonique CO2 sous pression pour distribuer des boissons dans des bouteilles de gaz situées dans des caves mal aérées peuvent être à l’origine de malaises voire d’asphyxie.
Les gĂŞnes auditives provoquĂ©es par le travail dans un environnement bruyant (au voisinage de machines dans les cuisines, conversations et musiques d’ambiance dans les salles), la possibilitĂ© des contacts avec des conducteurs Ă©lectriques sous tension aggravĂ©e par le milieu humide (rallonge, outillage mal entretenu, prises dĂ©fectueuses), …complètent le tableau des risques dans les restaurants.

Les mesures de prévention des risques dans les restaurants

Les restaurants, dès qu’il y a un salarié, doivent faire l’objet d’une analyse des risques pour permettre la rédaction du Document Unique de Sécurité (Décret du 5 novembre 2001) en appréciant à la fois l’environnement matériel et technique (outils, machines, produits utilisés) et l’efficacité des moyens de protection existants et de leur utilisation selon les postes de travail.
Les rapports d’intervention et de maintenance des équipements et installations doivent être intégrées à la documentation de sécurité au travail de l’entreprise et communiquées au médecin du travail et au CHSCT dans les grandes entreprises de restauration.
Les salariés doivent être aussi informés à propos des produits dangereux mis en œuvre et formés aux pratiques professionnelles sécuritaires. Les Fiches de Données de Sécurité (FDS), obligatoires pour tout produit chimique dangereux, comportent les renseignements relatifs à la toxicité des produits.

L’installation des cuisines

– La bonne aĂ©ration et ventilation gĂ©nĂ©rale permettent un renouvellement de l’air qui diminue la densitĂ© des polluants dans les locaux, en particulier celle des gaz, fumĂ©es et vapeurs de cuisson, des produits volatils des dĂ©sinfectants qui sont utilisĂ©s souvent et Ă©ventuellement dans des arrière-magasins et rĂ©serves de stockage confinĂ©s.
L’utilisation des systèmes d’extraction d’air permet d’éviter les affections respiratoires.
L’aĂ©ration doit rĂ©alisĂ©e par des dispositifs de ventilation mĂ©canique ; ces dispositifs permettent d’assurer en permanence des dĂ©bits d’air neuf minimaux : il y a extraction d’air et soufflage : l’air est transportĂ© dans le local par un ventilateur de soufflage et extrait du local par un ventilateur d’Ă©vacuation.
Les entrĂ©es d’air sont ainsi compensĂ©es par des sorties forcĂ©es. Une maintenance rigoureuse et rĂ©gulière (nettoyage des conduits d’extraction, vĂ©rification des filtres avec nettoyage ou changement, colmatage des fuites) sont indispensables au bon fonctionnement de ces installations.
La refermeture systématique de tous les bidons et autres conteneurs de produits est aussi un moyen simple de limiter la présence de composés volatils dans l’air ambiant.

– Les sols doivent ĂŞtre antidĂ©rapants et maintenus propres, secs et rangĂ©s pour Ă©viter les chutes, du fait de glissades, pertes d’Ă©quilibre souvent provoquĂ©es par un sol dĂ©fectueux ou un trĂ©buchement contre un obstacle non repĂ©rĂ©. Il convient d’assurer l’entretien continu des locaux (nettoyage, Ă©limination des dĂ©chets) et le dĂ©gagement des voies de passage. Les inĂ©galitĂ©s de surfaces et/ou obstacles doivent ĂŞtre soit supprimĂ©s (bouchage des trous) ainsi que, si possible, les zones avec des diffĂ©rences de niveau, ou alors les munir de signalisation bien visible et moyens de protection (rampes, …).
L’élimination de l’eau sur le sol nĂ©cessite d’écouler le fluide rĂ©pandu sur la surface par un bon système d’évacuation et tout produit accidentellement rĂ©pandu, lors d’une fuite ou dĂ©versement, immĂ©diatement Ă©pongĂ©. L’Ă©coulement des liquides doit ĂŞtre orientĂ© vers des grilles ou des siphons. Dans les angles et les jonctions sol et murs, des formes arrondies facilitent le nettoyage de ces endroits oĂą les salissures risquent de s’accumuler.

– L’installation Ă©lectrique doit ĂŞtre conforme aux normes de sĂ©curitĂ© Ă©lectrique (norme NF C 15-100), ce qui est d’autant plus important si le travail s’effectue dans une atmosphère ou avec des mains humides. L’installation Ă©lectrique (armoires Ă©lectriques, fils et câbles, Ă©clairage) doit ĂŞtre conforme aux normes de sĂ©curitĂ© Ă©lectrique, en particulier, la bonne mise Ă  la terre doit ĂŞtre contrĂ´lĂ©e, les prises de courant dĂ©fectueuses remplacĂ©es, les prolongateurs et outils portatifs vĂ©rifiĂ©s… Un disjoncteur diffĂ©rentiel 30mA doit protĂ©ger le circuit Ă©lectrique. Une liaison de terre Ă©quipotentielle doit relier toutes les parties mĂ©talliques prĂ©sentes dans le magasin ou l’atelier.

– L’environnement de travail doit offrir un Ă©clairage suffisant, dont il faut entretenir rĂ©gulièrement les dispositifs (remplacement des tubes fluorescents et ampoules …).

– Les voies de circulation doivent ĂŞtre dĂ©barrassĂ©es de tout obstacle. Il faut Ă©viter les zones d’ombre en optimisant l’Ă©clairage et signaler les escaliers (Ă©quipĂ©s de rampes), les dĂ©nivelĂ©s, …

– Limitation de l’intensitĂ© sonore : sĂ©paration du local de plonge du reste de la cuisine et traitement acoustique des parois sols, plafonds et machines, rĂ©duction du niveau de la musique d’ambiance.

Les équipements des cuisines et des salles de restaurant

– Comme toute entreprise recevant du public, les restaurants sont soumis Ă  la rĂ©glementation ERP : mesures de prĂ©vention contre l’incendie et facilitation de l’Ă©vacuation du public, instructions obligatoires sur l’interdiction de fumer, les moyens de secours, … Les mesures Ă  prendre en cas d’urgence (coupure, brĂ»lure, numĂ©ro des services de secours) doivent ĂŞtre connues et visiblement affichĂ©es.

– Les postes de travail doivent ĂŞtre Ă©quipĂ©s d’aide Ă  la manutention (chariots roulants, diables, poignĂ©es de prĂ©hension, …). Les conditionnements permettant de limiter les charges sont aussi un bon moyen de rĂ©duire les risques dorsolombaires.

– Du matĂ©riel de mise Ă  hauteur variable participe Ă  la bonne ergonomie du poste de travail : les sièges et les plans de travail doivent ĂŞtre rĂ©glables en hauteur pour ĂŞtre appropriĂ©s ergonomiquement Ă  la tâche Ă  rĂ©aliser (sièges assis-debout…).
De plus, l’apprentissage et le respect de gestes professionnels corrects sont aussi garants d’une prĂ©vention des troubles musculo-squelettiques (TMS).

– Les outils du cuisinier doivent ĂŞtre choisis pour leur qualitĂ© technique et ergonomique : utilisation d’outils sĂ©curisĂ©s (cutter Ă  lame rĂ©tractable, ciseaux, fusil d’affĂ»tage avec une garde de sĂ©curitĂ©, portes couteaux), couteaux rĂ©gulièrement affilĂ©s, affutĂ©s et nettoyĂ©s (machine Ă  laver les couteaux), rĂ©paration ou suppression de tout outil dĂ©fectueux. Les outils doivent aussi possĂ©der un manche thermiquement isolant.

– L’amĂ©nagement de postes de travail (accrochage des coutelières) et de rangements appropriĂ©s (Ă©tuis, vitrines et porte-couteaux…) Ă©vite les coupures en dehors de l’utilisation et maintient le tranchant des outils.

– L’élimination des dĂ©chets doit ĂŞtre correcte, c’est-Ă -dire dans un collecteur ou conteneur spĂ©cialement adaptĂ© afin d’éviter toute blessure ou contact potentiellement contaminant.

– Mise Ă  disposition d’escabeaux et d’échelles conformes aux normes CE (pieds antidĂ©rapants…).

– Les Ă©quipements de stockage doivent ĂŞtre conçus et mis en place de manière Ă  pouvoir supporter les charges (rĂ©sistance et la stabilitĂ© des palettes et des rayonnages mĂ©talliques) et Ă  empĂŞcher la chute des objets des Ă©tagères. Ils doivent par ailleurs ĂŞtre facilement accessibles et Ă  faible hauteur, bien fixĂ©s au sol et munis de sabots de protection.

La sécurité des matériels et la prévention de leurs nuisances sonores

Chaque machine doit ĂŞtre munie de dispositifs d’arrĂŞt d’urgence interrompant l’alimentation en Ă©nergie des actionneurs de façon sĂ»re, clairement identifiables, accessibles et en nombre suffisant, permettant d’éviter les situations dangereuses en train de se produire.
La vĂ©rification de la mise en place, du bon Ă©tat du fonctionnement des protecteurs, des dispositifs de verrouillage (pour interdire l’accès aux zones dangereuses lorsque l’appareil est sous tension) et des dispositifs de protection (arrĂŞt d’urgence…) est fondamentale, pour assurer par exemple les consignes d’arrĂŞt obligatoire, notamment lors des incidents et des opĂ©rations de maintenance.
Les machines et Ă©quipements doivent ĂŞtre conçues et fabriquĂ©es de façon Ă  ce que les Ă©missions sonores soient rĂ©duites au niveau le plus bas possible en application d’une directive europĂ©enne 2003/10/CE concernant les prescriptions minimales de sĂ©curitĂ© et de santĂ© relatives Ă  l’exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques liĂ©s au bruit.
Par le choix ou l’achat de machines (plonge, centrifugeuse …) et par l’utilisation de procĂ©dĂ©s silencieux, les Ă©missions sonores peuvent ĂŞtre maintenues Ă  un bas niveau.

Prévention des risques chimiques des produits détergents et désinfectants

L’hygiène rigoureuse des locaux et du matĂ©riel exige l’emploi d’agents dĂ©tergents et dĂ©sinfectants (alcools, lessives, dĂ©capants, Ă©thers de glycols…). Des mesures de prĂ©vention sont indispensables pour la manipulation de ces produits agressifs, particulièrement lors de la dilution des produits concentrĂ©s. La prĂ©vention première consiste Ă  substituer les produits dĂ©sinfectants dangereux par des produits moins agressifs.
La mise en place d’une protection individuelle est nécessaire, puisque la manipulation et le contact avec ces produits de nettoyage restent indispensables.
C’est ainsi que le port d’équipements de protection individuels (EPI) s’impose pour rĂ©duire le plus possible l’exposition aux agents chimiques nocifs des dĂ©tergents et dĂ©sinfectants, notamment lors des transvasements ou de dilution : il s’avère indispensable de porter des gants de protection adaptĂ©s Ă  la tâche effectuĂ©e et au produit manipulĂ©. Il n’existe pas de gant de protection universel. Le type de gants conseillĂ©, impermĂ©ables, Ă  longues manchettes, pour Ă©viter la pĂ©nĂ©tration des produits Ă  l’intĂ©rieur, doit ĂŞtre adaptĂ© aux diffĂ©rents produits utilisĂ©s selon leur composition qui figure sur la Fiche de SĂ©curitĂ© (FDS).
Le port de lunettes de protection évite les lésions par projections de produits de nettoyage (mais aussi de matières).

Le respect des règles d’hygiène

– La tenue vestimentaire
De manière Ă  ce que le personnel ne soit pas en contact avec le produit, une tenue est obligatoire en cuisine, car elle Ă©vite la contamination qui pourrait venir des habits de ville et du corps du travailleur. La tenue doit couvrir le corps et les bras (blouse, combinaison, tablier impermĂ©able …), la charlotte ou calot doit couvrir la tĂŞte.

– Les vestiaires
Dans le domaine de l’hygiène, les vestiaires et les sanitaires doivent faciliter les pratiques d’hygiène corporelle, être d’un entretien facile, être aménagés de façon à isoler explicitement des zones spécifiques et être adaptés au nombre de salariés.
Des vestiaires doubles appropriĂ©s doivent ĂŞtre mis Ă  la disposition des travailleurs car ceux-ci doivent porter des vĂŞtements de travail spĂ©ciaux : l’entreposage des tenues de travail doit avoir lieu Ă  l’abri de la poussière et des souillures et le rangement des tenues de ville et des tenues de travail doit ĂŞtre sĂ©parĂ© ; il est primordial d’avoir un lieu de rangement pour le linge propre, et un autre pour le linge sale et d’avoir des Ă©quipements permettant le sĂ©chage des tenues de travail (sèche-gants…).
Des lavabos, postes de rinçage oculaire et des douches de sĂ©curitĂ© doivent se trouver Ă  proximitĂ© des postes de travail. Celles-ci permettent les mesures d’hygiène gĂ©nĂ©rale, notamment le lavage des mains frĂ©quent avec des moyens adaptĂ©s,… En effet, le respect des règles d’hygiène s’étend aux comportements individuels : ne pas avoir les mains sales afin de ne pas ingĂ©rer par inadvertance un produit toxique et ne pas manger sur le lieu de travail.

– L’hygiène des mains
Le port de gants ne remplace pas le lavage des mains.
Il faut noter que le port prolongé de gants, en particulier en période chaude et/ou humide, peut provoquer un phénomène de transpiration et/ ou d’allergie. Il est donc conseillé de retirer les gants de temps à autre pour laisser respirer les mains à l’air libre et de changer les gants sales ou usagés.
Le lavage des mains avec un savon neutre est indispensable après tout contact avec des souillures, avant chaque pause, etc….
Il est également conseillé à l’utilisateur de se laver les mains à l’eau claire après chaque utilisation des gants et d’utiliser les gants avec des mains sèches et propres.
Le lave-mains à commande non manuelle est nécessaire (au genou, au coude, électronique).
Il existe par ailleurs également des distributeurs de savon ou solution désinfectante à commande non manuelle, faciles à installer, simples à utiliser.

– En ce qui concerne l’élimination des dĂ©chets en cuisine, il est obligatoire d’avoir des poubelles Ă©quipĂ©es de commande non manuelle, Ă  clapet, Ă  pĂ©dale ou Ă  commande au genou.

– L’entretien des locaux
Une bonne tenue des sols des locaux par un procédé à l’humide (jet d’eau ou système eau/vapeur), est essentielle pour éviter l’accumulation de déversements, de déchets et de poussières sous ou autour des postes de travail. Les déversements peuvent créer un danger de glissement et par conséquent doivent être nettoyés immédiatement.

– Les premiers secours
Les consignes en cas d’accident (n° d’appel d’urgence, conduite Ă  tenir, identification des services de secours) doivent ĂŞtre visiblement affichĂ©es.

Une trousse complète contenant un matĂ©riel de premiers secours non pĂ©rimĂ© (solutions antiseptiques, pansements,…), aisĂ©ment et rapidement accessible, doit ĂŞtre mise Ă  la disposition du personnel ; toute blessure cutanĂ©e doit immĂ©diatement ĂŞtre dĂ©sinfectĂ©e et pansĂ©e.

Des extincteurs doivent être disponibles en nombre suffisant et vérifiés annuellement.

– La vaccination prĂ©ventive contre le TĂ©tanos doit ĂŞtre Ă  jour.

  • La protection individuelle en cuisine
    Les vĂŞtements professionnels en cuisine
    La panoplie des tenues de travail est vaste : vestes, tabliers, charlottes, combinaisons, gilets.
    Les vĂŞtements de protection ont un double rĂ´le, celui de sĂ©curiser les personnes qui les portent dune part (protection lors de l’utilisation de couteaux…), et d’autre part de constituer une barrière la plus infranchissable possible, entre le corps et l’environnement de travail : protĂ©ger les aliments prĂ©parĂ©s des contaminations biologiques dont sont vecteurs les vĂŞtements civils par exemple.
    Dans les cuisines, certaines tâches sont très salissantes, comme la plonge, l’entretien des locaux Ă  dĂ©chets, des poubelles, ou encore des hottes et des conduits, et exigent des tenues adaptĂ©es.
    Les vĂŞtements professionnels portĂ©s par le personnel en cuisine ont ainsi pour but de protĂ©ger les produits alimentaires des contaminations liĂ©es Ă  la prĂ©sence humaine (expectoration, sueur, desquamation de la peau …) Mais ainsi, les vĂŞtements professionnels salis deviennent eux-mĂŞmes des vecteurs de contamination et peuvent Ă  ce titre vĂ©hiculer de nombreux micro-organismes, avec des bactĂ©ries dans leurs fibres surtout lorsqu’ils sont humides. Aussi est-il obligatoire de veiller au quotidien Ă  leur propretĂ©, ce qu’impose l’arrĂŞtĂ© du 29 septembre 1997 : le personnel de cuisine doit changer de tenue chaque jour et les vĂŞtements de travail doivent ĂŞtre lavĂ©s rĂ©gulièrement. Ces obligations ne sont pas sans consĂ©quence sur l’organisation des cuisines et de leur personnel. La tendance actuelle est plutĂ´t Ă  l’externalisation de l’ensemble des activitĂ©s liĂ©es Ă  la blanchisserie (lavage lui-mĂŞme, sĂ©chage ou repassage) et la location de linge professionnel se dĂ©veloppe beaucoup.
    Autre solution : l’utilisation des tenues Ă  usage unique qui permet un change rĂ©gulier et frĂ©quent, nĂ©anmoins Ă  prohiber prĂŞt des fourneaux au gaz car leurs matières textiles (polypropylène, polyester,…), mĂŞme traitĂ©es avec des produits retardateurs de feu, peuvent coller Ă  la peau au contact d’une flamme.

    Les gants de protection en cuisine
    L’utilisation des gants Ă  usage unique sert Ă  minimiser le transfert de pathogènes vers les aliments.
    Le port de gants de protection permet de protĂ©ger de toutes les agressions mĂ©caniques ou chimiques et de limiter le contact avec des agents allergisants ou infectieux. Il existe des types de gants spĂ©cialement conçus contre les risques liĂ©s aux manipulations en cuisine : utilisation d’objets coupants, de produits très chauds, de prĂ©parations surgelĂ©es ou encore de produits chimiques. Les gants de nettoyage professionnels, par exemple, sont adaptĂ©s Ă  la protection des mains lors des opĂ©rations de lavage et de mĂ©nage. Ils conviennent notamment Ă  la manipulation de produits chlorĂ©s.

    Les masques en cuisine
    Il convient également de distinguer les masques destinés à protéger les préparations alimentaires, généralement jetables, de ceux dédiés à la protection physique des personnels de cuisine.

    Les masques de protection respiratoire doivent rĂ©pondre aux exigences de sĂ©curitĂ© dĂ©finies par la directive europĂ©enne 89/686 en matière d’utilisation d’aĂ©rosols solides et liquides. Leur port est effectivement particulièrement recommandĂ© lors des taches dĂ©gageant des particules solides ou liquides, ou des gaz ou vapeurs, ceci afin de protĂ©ger le système respiratoire du personnel.

    Les lunettes en cuisine
    Peu contraignant et souvent essentiel dans bien des cas, le port de protections oculaires ne doit pas ĂŞtre nĂ©gligĂ©. Une simple paire de lunettes Ă©cran, par exemple, permet d’Ă©viter les consĂ©quences des risques thermiques (vapeurs, liquides chauds voire bouillants) et de se protĂ©ger lors de manipulations de produits dĂ©graissants ou acides. Les lunettes panoramiques offrent Ă  la fois une protection oculaire et faciale. Particulièrement rĂ©sistantes, elles proposent, en outre, un bon niveau de protection contre les buĂ©es, les liquides et la poussière.

    Pour compléter par une protection individuelle contre les risques de chute de plain-pied, les travailleurs doivent être équipés de chaussures de sécurité avec semelles antidérapantes (conformes à la norme générale EN 345 S2).

  • Des mesures de formation aux risques
    La multiplicité, la fréquence et la gravité des accidents du travail dans les restaurants nécessitent d’entreprendre des actions de sensibilisation et de formation des travailleurs à la sécurité.
    En particulier, pour le personnel saisonnier ou intĂ©rimaire assez souvent prĂ©sent au moment des surcharges liĂ©es aux fĂŞtes et aux pĂ©riodes de vacances, des sĂ©ances minimales d’information sur les risques et les moyens de les prĂ©venir (notamment pour les dorsalgies, tendinites, coupures, projections oculaires, brulures …) doivent ĂŞtre organisĂ©es, Ă  la fois dans le cadre de leur intĂ©gration, puis lors d’un suivi particulier et d’un encadrement adaptĂ© Ă  leur profil.

    – Formation du personnel sur les dangers des produits utilisĂ©s et sur les moyens de se protĂ©ger (par exemple savoir lire attentivement l’Ă©tiquette du contenant des produits et connaĂ®tre les symboles prĂ©sents sur les rĂ©cipients, utiliser les E.P.I adĂ©quats),
    – Formation sur les premiers secours pour pallier les consĂ©quences d’un Ă©ventuel accident de travail
    – Formation PRAP (PrĂ©vention des Risques liĂ©s Ă  l’ActivitĂ© Physique) pour prĂ©venir les risques liĂ©s aux manutentions manuelles. Il s’agit d’apprendre les bonnes postures de travail, les positions articulaires adĂ©quates, en appliquant les principes de base de sĂ©curitĂ© physique et d’économie d’effort.
    – Formation Ă  la mise en Ĺ“uvre et Ă  l’utilisation des Ă©quipements de protection individuelle.
    – Formation aux règles d’hygiène, nettoyage-dĂ©sinfection.

Source: Officiel Prévention

Ă€ lire aussi

Articles similaires

Actualités
06/03/2026

Tendances deco 2026 : boostez la rentabilite de votre CHR

Saviez-vous que la dĂ©coration de restaurant influence 80 % de la dĂ©cision d’achat de vos clients avant mĂŞme la moindre…

Lire la suite
Actualités
02/07/2025

Le porte-menu table : plus qu'un accessoire, une signature de votre restaurant

Dans le secteur de la restauration, chaque dĂ©tail compte pour offrir une expĂ©rience client mĂ©morable. Le porte menu table est un de…

Lire la suite
Actualités
15/11/2024

Le no-show dans la restauration : comprendre et combattre ce fléau

Le no-show, phĂ©nomène oĂą un client ne se prĂ©sente pas Ă  sa rĂ©servation sans prĂ©venir, est devenu un vĂ©ritable flĂ©au…

Lire la suite