L’histoire du cafĂ© et des cafĂ©s en France

L’histoire du cafĂ© et des cafĂ©s en France

L’arrivĂ©e du cafĂ© en France

En 1644, le nĂ©gociant marseillais Pierre de La Roque avait apportĂ© quelques balles de cafĂ© Ă  Marseille. Au milieu du XVIIe siècle, des marchands de Marseille qui avaient appris Ă  apprĂ©cier le cafĂ© au Levant commencèrent Ă  ramener des balles de cafĂ©. En quelques annĂ©es, un groupe de marchands et de pharmaciens s’organisèrent pour importer du cafĂ© d’Égypte. En 1671, le premier cafĂ© marseillais ouvrait ses portes Ă  une clientèle rapidement nombreuse.

Mais il faut attendre 1669 et l’arrivĂ©e en grand appareil de l’ambassadeur de la Sublime Porte, Soliman Aga, auprès de Louis XIV, pour que la mode de la consommation du cafĂ© soit lancĂ©e dans la capitale. Recevant avec faste ses invitĂ©s de marque dans son appartement parisien, il leur offre dans une mise en scène digne des Mille et Une Nuits du cafĂ© Ă  la turque. Toutes les grandes dames se piquèrent de curiositĂ© pour ce personnage haut en couleur qui se fit brocarder par Molière dans Le Bourgeois gentilhomme.

Ă€ Paris, le premier cafĂ© parisien est fondĂ© par un ArmĂ©nien du nom de Pascal en 1672 près du Pont Neuf, qui fonda ensuite un autre cafĂ© en 1685 Ă  Londres. Pascal avait aussi fondĂ© le premier cafĂ© en France vers 1665. Le CafĂ© Procope est le deuxième cafĂ© Ă  ouvrir dans cette ville en 1686. On y invente une nouvelle manière de prĂ©parer la boisson : en faisant percoler de l’eau chaude dans le cafĂ© moulu retenu par un filtre. Il innova aussi en acceptant les femmes. Le cafĂ© devient très prisĂ© durant le Siècle des lumières. Voltaire consomme jusqu’Ă  douze tasses de cafĂ© par jour et possède une collection de cafetières. Ă€ la veille de la RĂ©volution, Paris compte plus de deux mille cafĂ©s.

En France, Ă  l’Ă©poque moderne, le cafĂ© est le plus souvent prĂ©parĂ© en dĂ©coction, Ă  la manière du cafĂ© turc. Les dictionnaires, les traitĂ©s et les encyclopĂ©dies de l’Ă©poque recommandent de mĂ©langer entre une once de cafĂ© (environ 30 g) par tasse et une once par livre d’eau (environ un demi-litre), puis de porter le liquide Ă  Ă©bullition dans une cafetière. La prĂ©paration est laissĂ©e sur le feu environ un quart d’heure, on la mĂ©lange Ă  l’aide d’une cuillère en bois afin d’Ă©viter qu’elle ne dĂ©borde ou on rajoute de l’eau froide pour diminuer l’Ă©bullition. Enfin, il convient de tirer le cafĂ© au clair, en le laissant reposer un moment afin que le cafĂ© moulu se dĂ©pose au fond de la cafetière, on propose mĂŞme dans les ouvrages du XVIIIe siècle d’y rajouter un peu de sucre ou de la poudre de corne de cerf afin de prĂ©cipiter plus rapidement le marc au fond du rĂ©cipient.

Afin de le refroidir plus rapidement, le cafĂ© d’une tasse peut ĂŞtre versĂ© dans la soucoupe puis bu dans cette dernière, il s’agissait d’une pratique populaire qui se rĂ©pandit nĂ©anmoins parmi les Ă©lites.

L’histoire des cafĂ©s en France

Bistrot, troquet, bouchon, rade, café-restaurant, café de villages…etc. Ces lieux de vie sont indissociables de la culture française. Et pourtant, sur les quelques 35 000 cafés et bars qui existent en France, 1 000 ferment chaque année.

Plongeons ensemble dans l’histoire fumante de ces gargotes populaires.

Au dĂ©part (au XIXe siècle) le bistrot est un dĂ©bit de boisson uniquement. On l’appelle aussi assommoir comme dans le roman d’Émile Zola, un lieu populaire oĂą les buveurs assomment leurs soucis Ă  coup de vin, (souvent de mauvaise facture), de prune, d’absinthe ou de nectars Ă©thyliques diverses et variĂ©s.

Puis, ce sont les Auvergnats qui transforment le bistrot traditionnel en ajoutant des charcuteries régionales pour accompagner leurs cartes des vins. Ils auraient aussi été les premiers à accepter les femmes en leur sein. On comprend mieux pourquoi Brassens le féministe leur a dédié une chanson (NDLR: aux Auvergnats et aux femmes)

Notons que le premier café de France naît à Marseille aux environs de « La Loge » en 1672, soit 14 ans avant l’ouverture du Procope à Paris. Il est l’œuvre d’un arménien du nom de Pascali, un importateur de café qui s’installe ensuite dans la capitale pour vendre ses grains à la foire Saint-Germain.

Mais alors d’oĂą vient le mot bistrot ? L’étymologie la plus populaire remonte Ă  1814, Ă©poque pendant laquelle Paris Ă©tait occupĂ©e par les soldats du tsar Alexandre I suite Ă  la bataille de Waterloo.

Ces messieurs assoiffĂ©s mais pressĂ©s – puisque n’ayant pas le droit de boire en service et craignant de se faire surprendre par l’arrivĂ©e d’un gradĂ© – lançaient après avoir poussĂ© la porte du dĂ©bit de boisson « bystro, bystro », qui signifie « vite, vite » en russe avant de boire goulĂ»ment leur remontant local.  Cette explication aussi cocasse – ou cosaque – soit-elle ne semble pas attestĂ©e selon le linguiste et lexicographe Alain Rey, « pour des raisons chronologiques, en l’absence d’attestations du mot pendant près de trois quarts de siècle ». La première apparition date en effet de 1884 dans les Souvenirs de la Roquette de l’abbĂ© Georges Moreau.

Le bistrot tiendrait donc en rĂ©alitĂ© sa source de multiples et hypothĂ©tiques Ă©tymologies citĂ©es par le mĂŞme Alain Rey dans son Dictionnaire historique de la langue française : « bistraud », petit domestique aidant le marchand de vin, « bistingo », endroit oĂą couchent les bohĂ©miens ou les artistes, « bastringue » lieu oĂą l’on « bistouille » c’est Ă  dire on boit un cafĂ© mĂ©langĂ© Ă  l’alcool, genièvre ou rhum, dans le Nord de la France, dĂ©gradĂ© en « bistrouille ».

Philippe Gajewski, gĂ©ographe et auteur d’une des rares thèses sur le bistrot (l’intĂ©gralitĂ© de son article de recherche est disponible en ligne) rappelle dans un article de recherches:

« Certains dĂ©bits de boissons cumulent plusieurs activitĂ©s. Ils peuvent ĂŞtre cafĂ©-Ă©picerie, cafĂ©-station service, cafĂ©-poste etc (…) la pluri-compĂ©tence des cafĂ©s, fonction remarquable et encore peu remarquĂ©e. La situation du dĂ©bit de boissons(…) lui font en effet adopter diffĂ©rents rĂ´les : maison de retraite, centre social, salle d’attente, cabinet de psychologue, lieu de digestion d’informations ou d’évĂ©nements, salle des fĂŞtes, office de tourisme, centre de renseignements, foyer communal, assistant du lien social communautaire, lieu de rendez-vous, club-house sportif, garant de l’identitĂ© locale ou de l’identitĂ© villageoise, salle des jeunes, cantine scolaire, annexe de la mairie, etc.(…) Les dĂ©bits de boissons se conçoivent ainsi comme espace intermĂ©diaire entre travail et maison, entre espace public et espace privĂ©. C’est un espace refuge, d’entre temps, d’affinitĂ©s, que ces affinitĂ©s soient sociales ou spatiales. »

Bistronomie ou bisto(éco)nomie ?

Bistronomie, le mot est sur toutes les lèvres depuis son invention dans les 90’s par un journaliste culinaire. Ce mot valise – mĂ©lange de gastronomie et bistrot – a Ă©tĂ© vidĂ© de son sens Ă  force d’ĂŞtre utilisĂ© Ă  tout va.

C’est en tout cas ce qu’explique le chef Yves Camborde dans un interview donnĂ© Ă  Atubula en 2015. Celui qu’on considère (Ă  tort ?) comme l’un des prĂ©curseurs de la bistronomie pour avoir ouvert dès 1992 une bistrot de quartier « perdu » dans le 14e arrondissement de Paris, La rĂ©galade, (et quittĂ© le prestigieux Le Crillon) regrette l’utilisation de ce mot : « j’avais l’impression d’ĂŞtre rabaissĂ©. Je viens de la campagne, le bistrot c’est le petit verre de blanc, le saucisson, le jeu de cartes sur la table. Rien de plus. J’aurais prĂ©fĂ©rĂ© de loin le mot auberge et aubergiste. » Pour le cuisinier, « aujourd’hui c’est du business : le fond a Ă©tĂ© perdu ! » Et d’ajouter « il faut remettre « la main et l’humain au coeur de la cuisine ! »

Source; Bistrot de pays

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