Philippe Etchebest dévoile les 6 erreurs qui plombent un resto
Placer un salarié à un poste qui ne lui convient pas
“Et, bien sĂ»r, vous ne prendrez pas de dessert ?” ProposĂ© comme ça, non merci ! C’est pourtant la question posĂ©e par un serveur Ă Nicolas Jordan, venu incognito Ă©valuer la situation d’un restaurant en dĂ©shĂ©rence. “C’est grave de dĂ©courager le client au moment du dessert, explique-t-il. Un serveur est Ă©galement un commercial. Son rĂ´le est de donner envie de consommer pour augmenter le chiffre d’affaires.” Avant de placer une personne au contact direct de vos clients, soyez attentif Ă son savoir-ĂŞtre : sa bonne humeur tirera vos finances vers le haut.
L’avis du chef
“Lors d’un changement de poste, il est important d’accompagner un collaborateur pour l’aider Ă s’adapter. Un mauvais commis peut devenir une perle avec de bons conseils.”
Ne pas assumer son rĂ´le de chef
Il faut parfois affronter des dĂ©cisions difficiles quand on est le boss. En Alsace, Monica, dirigeante d’un restaurant portugais, craignait par-dessus tout de faire de la peine autour d’elle. “Elle a embauchĂ© son apprenti pour ne pas avoir Ă lui annoncer qu’il fallait qu’ils se sĂ©parent”, raconte Nicolas Jordan. RĂ©sultat : le coĂ»t du nouveau salariĂ© a failli mettre le restaurant sur la paille. Et, au bout de quelques mois, il a bien fallu le licencier. Il aurait mieux valu prendre un nouvel apprenti dès le dĂ©part, souligne Nicolas Jordan : “Être chef d’entreprise, c’est assumer ses responsabilitĂ©s et savoir dire non quand il le faut.”
L’avis du chef
“Quand on se lance, il faut recruter avec prudence. Mieux vaut être à flux tendu au début et embaucher dans un deuxième temps si les finances sont bonnes.”
Ne pas savoir déléguer
Travail bâclĂ©, mauvaise humeur, service au rabais : ne pas impliquer ses employĂ©s dans la bonne marche de l’Ă©tablissement a parfois des consĂ©quences dĂ©sastreuses. Patron Ă Quintenas, Anthony a su redresser la barre grâce aux conseils de Philippe Etchebest : il a associĂ© sa serveuse Ă l’Ă©laboration des menus. Le rĂ©sultat ne s’est pas fait attendre : “RĂ©tablir la communication avec ses salariĂ©s, valoriser leur point de vue et apprendre Ă dĂ©lĂ©guer, c’est augmenter leur engagement et la qualitĂ© de leur travail, observe Nicolas Jordan. Les intĂ©resser au rĂ©sultat est aussi une bonne façon de les responsabiliser. Un cuisinier rĂ©compensĂ© pour sa bonne gestion des stocks sera attentif au moindre dĂ©tail et Ă©vitera de gâcher des produits.” Un deal gagnant-gagnant.
L’avis du chef
“DĂ©sinhiber ses salariĂ©s en valorisant leurs propositions est souvent payant. Mes encouragements les ont, par exemple, poussĂ©s Ă crĂ©er des plats de qualitĂ©, que je me suis empressĂ© d’ajouter Ă la carte de mon restaurant !”
Ne jamais remettre ses choix en question
Le Jardin italien. C’est le nom d’un restaurant visitĂ© par Philippe Etchebest… et rempli de plantes tropicales ! “La dĂ©coration ne correspondait pas du tout Ă l’identitĂ© du lieu et nuisait Ă son image, analyse Nicolas Jordan. Mais le gĂ©rant, Christophe, ne voulait rien savoir. Accepter la critique est pourtant essentiel pour rectifier le tir et survivre.” Son conseil pour avancer : faites le tour de votre Ă©tablissement et notez dans un calepin toutes les imperfections observĂ©es. Puis demandez Ă vos collaborateurs de faire la mĂŞme chose et croisez vos apprĂ©ciations. Vous n’aurez ensuite plus qu’Ă plancher sur les points nĂ©gatifs rĂ©currents.
L’avis du chef
“Je m’interdis de rester dans ma zone de confort. Comme au rugby, un sport que j’ai pratiquĂ© pendant quinze ans, il faut rester en mouvement si l’on veut marquer des points. Du coup, je change de menu toutes les semaines pour continuer Ă progresser.”
Négliger son budget
Catherine, patronne d’une pizzeria Ă Cagnes-sur-Mer, Ă©tait sĂ©rieusement fâchĂ©e avec les chiffres. “Elle se contentait de jeter un Ĺ“il toutes les deux semaines sur ses relevĂ©s bancaires au lieu de tenir ses comptes en temps rĂ©el”, se souvient le spĂ©cialiste en pilotage d’entreprise. RĂ©sultat : elle a fini par frĂ´ler le dĂ©pĂ´t de bilan. Pour limiter la casse, l’expert a rĂ©ussi Ă trouver la parade : limiter les livraisons de pizzas Ă scooter Ă la seule saison hivernale. Il n’y a pas de petites Ă©conomies !
L’avis du chef
“Mettre 20 grammes de trop dans un plat servi rĂ©gulièrement peut mener Ă la catastrophe financière. Un patron doit avoir l’ Ĺ“il Ă tout pour assurer la survie de son Ă©tablissement.”
Proposer une carte Ă rallonge
Dans ce restaurant familial, la carte ne comptait pas moins de 50 plats diffĂ©rents ! Une fausse bonne idĂ©e, destinĂ©e Ă sĂ©duire le gourmet : “Non seulement les produits sont congelĂ©s, donc peu engageants, observe Nicolas Jordan, mais cela nĂ©cessite davantage de personnel en cuisine. Une carte restreinte est donc prĂ©fĂ©rable pour proposer de bons plats rĂ©alisĂ©s avec un minimum de main-d’Ĺ“uvre.” MoralitĂ© : il est parfois contreproductif de vouloir trop diversifier ses activitĂ©s. Recentrez-vous d’abord sur votre cĹ“ur de mĂ©tier de façon Ă vous assurer de viser juste.
L’avis du chef
“Une carte trop longue suscite inĂ©vitablement le doute de la clientèle quant Ă la fraĂ®cheur des produits. Si l’on vous reproche de ne pas proposer assez de plats, rappelez vos engagements en matière de qualitĂ© ou de saisonnalitĂ©. La seule chose qui compte, c’est que les clients se rĂ©galent.”
Source: Capital